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Les Classiques du GRAMI

Création en cours

Premières aux Tombées de la Nuit (Rennes)
en juillet 2019

De la musique de chambre au concert de rue

Duo de musiciens électroniques au service du répertoire classique.
Une table en bois massif, deux chaises, un système de diffusion stéréophonique, une alimentation électrique et le concert peut commencer.
Les Classiques du GRAMI peuvent donc être entendus partout, à la recherche de prises de risques, de nouvelles expériences sonores et d’acoustiques naturelles variées.

Pour la première fois, en 1969, Léonard Bernstein invite lors d’un concert, un synthétiseur Moog à jouer des pièces de J.S. Bach. Sur la scène du Philharmonic Hall du Lincoln Center à New York, un énorme meuble noir, magma de prises, de boutons et de câbles s’avance dans un silence monacal.
Brisant les codes, le fameux chef d’orchestre annonce à son public, tout en provocation : « Ce que vous allez entendre est une fugue de Bach jouée par cet incroyable instrument électronique. Vous pouvez vous lever et vous incliner. Il peut jouer toutes les variations sur les sons purs, y compris de jolis sons jamais entendus encore »..
Et il présente la pièce à venir comme « une transmogrification de la fugue de Bach joué non par un orchestre mais par ce synthétiseur Moog ».
Clou du concert, il s’agit de la version de Walter Carlos, auteur du très récent album « Switched on Bach ».

Le nouvel instrument qu’est le synthétiseur à cette époque est en quête de légitimité. Quoi de plus efficace alors que de lui faire jouer la musique la plus irréprochable, complexe à jouer et évidemment très connue de tout public ? Le pari est gagné et le fameux album « Switched on Bach » s’est vendu alors à des millions d’exemplaires.

On peut également citer d’autres expérimentations à succès au début des années soixante-dix, avec les interprétations de Ravel et Debussy par Isao Tomita , ou encore Gershon Kingsley et son Moog Quartet invité à jouer des partitions de Haendel au milieu d’orchestres symphoniques de renom.
Et depuis ? Plus rien…

50 années plus tard, les choses se sont en quelque sorte inversées. Si la musique électronique est partout, les belles pages du répertoire classique peinent toujours à faire partie du paysage populaire. Une musique qualifiée de savante, définitivement à l’écart des heures de grande écoute.
Le synthétiseur lui-même, cette formidable innovation instrumentale du XXème siècle, cède de plus en plus souvent sa place au profit de l’ordinateur dans la composition et l’interprétation musicale.

Mais l’association visionnaire que nous ont proposé des pionniers tels que Bernstein, Carlos ou Tomita demeure d’actualité.

Car le croisement des esthétiques est propice à un autre croisement, celui des publics.

Au GRAMI on aime cette démarche : un répertoire source de fantasme pour tout musicien, donné à entendre dans une interprétation fraîche et dépoussiérée pour apprécier différemment des compositeurs universels. Les instruments électroniques ayant acquis récemment leur place au sein de l’orchestre, leur usage mettra ici en valeur la dimension intemporelle de ces chef d’œuvre de la musique. Après tout Vivaldi ne se joue pas seulement sur des instruments baroques et Bach pas seulement au clavecin.

De la musique de chambre au concert de rue

Une table en bois massif, deux chaises, un système de diffusion stéréophonique, une alimentation électrique et le duo peut se produire en concert. Les deux musiciens sont face à face assis devant leurs instruments, permettant selon les lieux, une disposition du public en frontal ou en arc de cercle.

Pour ce concert comme pour tous ses spectacles, Le GRAMI attache une importance toute particulière à l’environnement et au contexte d’écoute. Le public peut être debout ou assis.

Ce duo peut donc jouer partout, à la recherche de prises de risques, de nouvelles expériences sonores et d’acoustiques naturelles variées.

Voici quelques idées : Sous un pont, sur un bateau, dans une grotte, une école ou un lycée, à la piscine, sur un dojo, dans un jardin, au coin d’une rue au petit matin, sur un marché, dans une église ou au temple, une bibliothèque, à la cantine, dans un magasin de bricolage, de literie ou de meubles vintage, au couvent, dans un avion, dans les catacombes, une décharge, au pied d’une piste de ski ou au sommet du mont blanc (bien pour le CV), à la terrasse d’un restaurant, dans un théâtre ou au conservatoire, pour fêter un départ en retraite, dans un parking sous terrain, dans une maison de retraite, sur une ile déserte, à l’entrée d’un supermarché, à l’occasion d’une présentation de saison, dans un bar, pour un mariage ou un concert surprise, chez le fleuriste ou le libraire, dans une prison, à l’opéra, dans une salle de traite (les vaches produisent plus de lait en écoutant de la musique), sur le toit d’un immeuble (comme les Beatles)…
A noter qu’ils ne peuvent pas jouer sous la pluie ni dans l’eau.


RÉPERTOIRE

Les suites de Bach ou les quatuors de Vivaldi se prêtent très facilement au jeu de l’électrification. Les lignes mélodiques claires, l’écriture en canon, les thèmes et leurs variations constituent pour cet exercice un point de départ accessible à tous. Mais nous souhaitons avoir une approche plus large du répertoire, et le dispositif envisagé permettra de le faire évoluer au gré des concerts et des projets.

Il est intéressant de se pencher sur l’époque romantique, parfois intime, lyrique et virtuose, ou de se frotter aux multiples courants du XXème siècle par exemple. Les modernes du début du siècle tels Debussy ou Ravel et leur musique quasi picturale, le dodécaphonisme et l’exploration de couleurs harmoniques inédites jusqu’alors, les minimalistes américains tels Steve Reich ou Philip Glass, proches parents de l’électro d’aujourd’hui en sont quelques exemples.

Le choix du répertoire permet de mettre en valeur la richesse timbrale qu’offrent les instruments de synthèse sonore que nous utilisons. Mais il s’agit surtout de parcourir avec curiosité, de façon ludique et accessible à tous, plusieurs siècles d’histoires et d’esthétiques musicales.

Voici quelques partitions en cours de construction :
Adagio for Strings (Samuel Barber) - Aria du concerto Brandebourgeois BWV 1050 (J.S. Bach) - Valse Posthume Op. 11 (Frédéric Chopin) - Bird’s Lament (Moondog) - Stabat Mater (Pergolese) - Pavane pour une infante défunte (Maurice Ravel) - Nixon in China (John Adams) - Gymnopédie N°1 (Erik Satie) - Tosca E lucevan le stelle (Puccini)…


DESCRIPTIF TECHNIQUE

Les instruments utilisés sont principalement des synthétiseurs semi-modulaires. Leur petit format garantit une installation rapide ainsi qu’une manipulation plus aisée et immédiate qu’avec leurs homologues de grande taille. L’instrumentarium sera constitué de 7 instruments monophoniques et d’un instrument polyphonique.

DURÉE : 1h, deux représentations par jour
ou répertoire fragmenté selon les configurations
TEMPS D’INSTALLATION : < 2h (à préciser jusqu’aux premières)
DÉMONTAGE : < 1h (à préciser jusqu’aux premières)
SURFACE SCÉNIQUE : 2,5 x 1,5m
ÉQUIPE : 3 personnes en tournée

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CALENDRIER DE CRÉATION

Mars 2019  : Résidence aux Subsistances (Lyon) - Travail sur l’ergonomie de l’ensemble, programmation, choix du premier répertoire, écriture des textes.
Avril  : Réalisation des éléments sur-mesure. Caisses de transport, câbles, éléments de scénographie.
Mai  : Répétitions et fiabilisation du dispositif
Juin  : Avant-première au Festival Yeah ! à Lourmarin le 7 juin 2019.
Juillet  : Premières au Festival des Tombées de la Nuit les 6, 7 et 8 juillet 2019.


ÉQUIPE

Ecriture, programmation et interprétation : Yann SERVOZ et Mathieu OGIER
Laborantines : Raphaëlle RABILLON et Agathe FONTAINE


COPRODUCTIONS ET RÉSIDENCES :

Production 1 montreur d’ours
Les Tombées de la Nuit - Rennes
Le Théâtre Sénart - Scène Nationale
Les Subsistances - Lyon
Festival Yeah ! - Lourmarin
Avec le soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes